Et si ceci était arrivé plutôt que cela ?

par Maurice Y. Michaud (il/lui)

Alternative scenariosSi l’efficacité du vote est importante dans notre système électoral, quel peut être l’impact d’un désaccord au sein d’une famille politique sur cette variable si importante ?

En clair, cela peut entraîner une division des votes et la défaite, voire l’anéantissement, d’une famille politique aux élections générales. On se souvient notamment de la scission parmi les conservateurs fédéraux, qui a débuté dans les années 1990 et s’est prolongée jusqu’en 2003, opposant les conservateurs de l’Ouest à ceux de l’Est. Les libéraux en ont bien profiter, formant trois gouvernements majoritaires consécutifs grâce à cette division.

Cette section de PoliCan examine comment l’issue de quelques élections aurait pu être différente si l’unité avait prévalu ou si des circonstances exceptionnelles ne s’étaient pas produites. Elle déboulonne aussi certains mythes perpétués par certains commentateurs politiques qui n’ont pas fait une analyse assez approfondie des données.


Canada
Canada
 

Schismes à la Droite : les années 1930 v. le début du XXIe siècle
Lorsque Maxime Bernier a fondé le Parti populaire du Canada après avoir échoué à remporter la chefferie du Parti conservateur, certains analystes se sont demandé si nous étions en train de voir naître une version moderne du Parti de la reconstruction de Henry Stevens des années 1930. Les libéraux ont remporté une victoire écrasante en 1935, Stevens étant le seul de son parti à être élu cette année-là. Par conséquent, à cause de cette piètre performance et du fait que Stevens était retourné aux conservateurs dès 1938, le dégât causé par son parti dissident est aujourd’hui largement sous-estimé, car la majorité libérale aurait probablement été bien plus mince si la famille con­ser­va­trice était restée unie. De même, le PPC de Bernier ayant obtenu des résultats encore pires que celui de Stevens en ne rem­portant pas le moindre siège, il a été écarté comme un parti qui n’a jamais réussi à s’imposer. Toutefois, si une telle conclusion pouvait être tirée après les générales de 2025, il était prématuré de le faire en 2021.
35e au 37e Parlements — Le Grand Schisme de la Droite
Sans aucun doute, plus que le raz-de-marée de Mulroney de 1984, les élections de 1993 ont marqué le début de la dérive de l’ensemble de l’échiquier politique canadien vers la droite par rapport à sa position depuis les années 1960. Cependant, bien qu’il est peu probable que les « con­ser­va­teurs » aient pu remporter ces élections après les neuf années de Mulroney, à quel point auraient-ils été plus près de former le gouvernement s’ils avaient encore été un seul parti uni ? Et à quel point la décennie de discorde à la droite a-t-elle été profitable aux libéraux ?
41e Parlement — Vague orange de 2011
À l’époque, certain·e·s se sont demandé si la montée remarquable du NPD en 2011 sous Jack Layton n’était pas un cas d’histoire qui se répètait, sauf cette fois à gauche, entre les néo-démocrates et les libéraux. Cependant, compte tenu du fait que le NPD avait participé aux élections depuis 1961 et n’était une scission du Parti libéral, combiner les votes des deux partis comme on pouvait le faire pour la droite de 1993 à 2000 serait trop simpliste. Cette analyse approfondie offre une mise en garde pour ceuxes qui ne comprennent pas le vote stratégique.
45e Parlement — Qui a mangé le lunch du NPD ?
L’électorat moux du NPD vote pour les libéraux lorsqu’il craint que les conservateurs vont former le gouvernement. C’est l’idée reçue, mais elle ignore comment le NPD a perdu plus de sièges au profit des conservateurs que des libéraux en 2025. Alors, que s’est-il réellement passé ?

Alberta
Alberta
 

29e Assemblée — Un gouvernement de gauche... en Alberta ?!
Lorsque la Nötley Crüe a été expulsé du pouvoir en 2019 après un seul mandat, la classe bavarde a vite employé des superlatifs pour décrire la défaite. Le problème, c’est que cela occultait la manière dont le NPD avait, en fait, tenu bon.

Colombie-Britannique
Colombie-Britannique
 

16e Assemblée — Le mauvais moment pour se chicaner en famille
Si le paysage politique albertain est reconnu pour son penchant conservateur, celui de la Colombie-Britannique est réputé pour être in­com­pa­rable aux autres provinces. Bien des années après leur adhésion à la Confédération, les Britanno-Colombiens considéraient le reste du pays avec scepticisme, parlant des « Canadiens » et « d’eux-mêmes ». Leur législature est restée non-partisane jusqu’à son dys­fonc­tion­ne­ment en 1903. Une fois la partisanerie acceptée, elle était et demeure plus polarisée qu’ailleurs au pays. Les dissensions sont aussi plus fré­quentes à l’intérieur des partis, et il y un siècle, cela a fait rater spec­ta­cu­laire­ment aux conservateurs leur chance de former le gouvernement.
 

Nouveau-Brunswick
Nouveau-Brunswick
 

52e et 53e Assemblées — Division sur le bilinguisme des années 90
Après avoir formé quatre gouvernements majoritaires consécutifs, le Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, qui s’était rap­pro­ché de la communauté acadienne, a été banni de la législature en 1987. Les conservateurs sociaux ont tenté d’orienter la droite encore plus à la droite, le bilinguisme étant dans leur ligne de mire. Cela a amené l’éphémère Parti de la Confédération des régions à former l’oppo­si­tion offi­cielle en 1991, mais il est tombé dans l’obscurité après avoir échoué à remporter un siège aux générales de 1995, et les PC sont revenus occuper exclusivement le centre droit du spectre politique de la province.
 
58e à 60e Assemblées — Division sur le bilinguisme du XXIe siècle
La plate-forme de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick a été décrite comme « un mélange de conservatisme économique, de populisme rural, et d’opposition à certains aspects du bilinguisme officiel et de la dualité ». En tant que tel, certain·e·s la considèrent comme une version allégée du Parti de la Confédération des régions des années 1990 ; d’autres la voient comme une réincarnation du CoR avec un penchant plus populiste. Quoi qu’il en soit, bien que l’Alliance n’ait pas connu autant de succès électoral que CoR, ni causé autant de division des votes ni obtenu le statut de parti officiel à l’assemblée, elle a eu un impact plus important et durable sur le paysage politique de la province.
 

Ontario
Ontario
 

4e Assemblée — Énigme de 1879
Comment se peut-il qu’avec 2 votes de plus à l’échelle provinciale, les libéraux aient obtenu 26 sièges de plus que les conservateurs ? Le système majoritaire uninominal est reconnu pour donner des résultats ridicules, mais y a-t-il un indice dans les chiffres sur ce qui a si mal tourné ?
 


© 2005, 2026 :: PoliCan.ca (Maurice Y. Michaud)
Pub.: 20 mai 2023 18:07 HE
Rev.: 26 aoû 2026 20:15 HE